Éloge de la lenteur
On part de la Touraine et on veut se retrouver au plus vite dans le Queyras. Quoi de mieux, après le TER qui nous amène à la gare d’Austerlitz, que de s’allonger dans l’inoxydable train de nuit Paris-Briançon, qui a su résister à toutes les suppressions des trains de nuit et se réveiller au cœur des montagnes, à Montdauphin, au petit matin ?
Hélas, à peine la tête posée sur l’oreiller de la couchette que l’annonce fatale retentit : « votre train est supprimé »…. Des incendies bordent la voie du côté de Dijon, aucun train ne peut circuler.
Le train de nuit déverse donc sur le quai des dizaines de naufragés assiégeant les quelques cheminots encore en poste à cette heure qui commence à être tardive. Pas trop d’agressivité heureusement et ces derniers se décarcassent au mieux pour nous offrir au moins une solution pour la nuit. Donc le réveil se fera dans un hôtel près de la gare de l’Est, et pas au milieu des montagnes. Puis, direction gare de Lyon pour envisager la suite : prenez le TGV jusqu’à Marseille et de là le TER Marseille -Briançon, arrivée prévue à Montdauphin….21 h. Dommage pour la navette qui mène à Ceillac, la destination finale, pour 2,60 € : à 21 h ce sera le taxi et une note beaucoup plus salée..
Mais passons… Le TGV n’a eu que 45mn de retard (une panne d’alimentation électrique en pleine voie, pas de clim donc, mais 45mn ça passe vite)… Et le meilleur reste à venir : cette magnifique ligne Marseille-Briançon ! D’accord nous mettrons quatre heures et trente minutes pour atteindre Montdauphin (juste dix petites minutes de retard, un train en panne qu’il fallait attendre pour le croiser car c’est une voie unique…mais dix minutes, ça passe vite…) Mais franchement, traverser toute la Provence, s’élever peu à peu pour atteindre les premiers contreforts alpins, longer le lac de Serre-Ponçon, apercevoir au loin les sommets, finalement c’est trop beau et on ne regrette pas les heures à voir défiler, en pleine lumière ces magnifiques paysages. Alors, le train de nuit, c’est bien, mais profiter d’un si beau trajet en plein jour, c’est bien aussi. Alors, pour la prochaine escapade vers les montagnes,il y a de quoi hésiter sur la voie à suivre…
Après les sommets alpins en train puis à pied, je suis repartie pour le plat alsacien en train puis à vélo.
Si ça peut donner des idées à d’autres…
Fluo, vélo, canaux…
On peut habiter en Touraine et se retrouver en quatre petites heures en Alsace ( TGV direct vers Strasbourg, qu’on peut prendre aussi depuis Bordeaux, Angoulême, Poitiers…). Là de nombreux TER (Ils s’appellent Fluo, là-bas) vous portent vers de multiples petites villes et villages , soit vers la Lorraine, soit vers l’Alsace. Et si vous voulez ensuite offrir à vos mollets qui gambadent depuis trois quarts de siècle ( et même si c’est moins…) un parcours plat, ombragé, paisible, sans voitures, alors, suivez les canaux : Canal de la Marne au Rhin, canal du Rhône au Rhin, canal de Colmar. Pas besoin d’assistance électrique, ça roule tout seul. Des écluses, des petits villages, et plein d’étapes sympas : Saverne, Colmar (même si cette dernière devient un peu victime du surtourisme…) et Strasbourg où comme chacun sait le vélo a été à l’honneur depuis un peu plus longtemps qu’ailleurs dans ce pays. Et le retour, Fluo + TGV direct, en une demi-journée c’est bouclé ! Avis aux amateurs !

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