La ligne Anduze- Saint Jean du Gard. Crédits Photo : Ariane Walck
Nous avions RDV à Anduze, la perle du Gard, à 11h30 un dimanche de fin mai et monter à bord du Train à vapeur des Cévennes pour vivre une aventure gourmande et ferroviaire. Le TER nous emmène d’Argelès sur mer, point de départ de l’épopée à Béziers. Arrivés en gare, nous enfourchons nos vélos et quittons rapidement les bords de mer pour atteindre un arrière pays déjà empli d’une belle chaleur à 9H du matin. Qu’importe, nos jambes tournent bien et une certaine légèreté de l’âme s’empare de nous. Notre première étape devait être la petite ville de Gignac mais nous décidons chemin faisant de parcourir les 120 km qui nous séparent de Ganges, confiants dans nos capacités.
Clermont l’Heraut, Le Pont du diable, Saint Guilhem le désert, autant d’endroits sublimes et envoûtants dans lesquels patrimoines naturels et architecturaux rivalisent de beauté le long du fleuve Herault.
La route est longue et âpre, la température grimpe mais le moral est bon; nous avons même gravi un petit col à 550 m d’altitude avant d’atteindre le charmant village de Brissac. L’arrêt au bar, sur une belle place ombragée est salutaire. Nous entamons la conversation avec les autochtones qui ne tarissent pas d’éloges sur le lieu, ils ont vraiment envie de partager leur amour du » Pays’.
Ganges enfin, jolie cité du Haut- Languedoc et le camping en bord de rivière à Laroque, un village classé, récompensent nos efforts.
Le lendemain, cerveau et muscles ragaillardis, nous atteignons Anduze, porte sud des Cévennes , pour y passer une journée à découvrir l’attrayante bourgade au riche passé industriel. De la soierie aux mines de charbon, Anduze a longuement rayonné sur le Languedoc et aujourd’hui c’est le vase d’Anduze, témoin d’un savoir-faire ancestral unique, qui s’exporte partout dans le monde. Nous sommes séduits par la gaieté des lieux, les ruelles, les placettes, les fontaines notamment la fontaine pagode qui illustre les liens commerciaux très anciens d’Anduze avec l’Asie.
Les rues et les cafés grouillent de monde en ce week-end estival; en contrebas des quais de la rivière Gardon, de jeunes ados s’exercent à des plongeons audacieux. La vie ici semble s’écouler joyeusement dans un endroit à la géographie très particulière, encaissé dans des gorges surplombées d’un plateau calcaire impressionnant.
A la gare d’Anduze, la machine à vapeur est prête pour embarquer les voyageurs. Ici point de jingle Sncf, ni d’annonces de destinations lointaines. Le trafic « voyageurs » et « marchandises » a stoppé définitivement en 1982 et ce n’est qu’en 1986, grâce aux bénévoles de l’association des trains touristiques et historiques » Train à vapeur des Cévennes’ que la ligne est maintenue entre Anduze et Saint Jean du Gard. Depuis 40 ans, elle emmène petits et grands sur 13km de « Slow Travel » en sillonant une nature intacte, entre viaduc, hameaux et méandres de rivière.
Le quai est bondé, nous montons dans la voiture restaurant ; les tables sont dressées coquettement et l’atmosphère surranée nous plonge dans les heures fastes de la PLM, la compagnie Paris-Lyon- Méditerranée. Le repas est servi par une jeune femme, stylée et sobre. Nous nous régalons de ces saveurs méditerranéennes et cévenoles. A Saint Jean du Gard, le terminus, la loco « Henschel 040T 25724 » (pour les spécialistes) change de sens et nous voilà repartis. Nous voyageons debout au retour, et nous pouvons nous déplacer d’un côté et de l’autre pour admirer à nouveau les paysages. Beaucoup de gens encore et des enfants ravis de leur jouet grandeur nature, qui manifestent leur ressenti par des rires et parfois des cris mi-amusés mi inquiets à l’entrée et à la sortie des tunnels. Nous croisons à Thoiras, le vélo rail pour ceux qui veulent tenter le circuit cycliste… sur rail. Puis, l’arrêt Bambouseraie est possible pour ceux qui désirent prolonger le plaisir dans ce lieu unique en Europe où on peut admirer les 1300 essences différentes de bambous et se promener dans le village laotien, témoin là aussi des liens privilégiés entre Anduze et l’Orient.
C’est le moment de reprendre les vélos juqu’à la gare de Nîmes centre, noire de monde ce dimanche soir. Par chance, nous pouvons attraper le TER de 18h13 pour Perpignan et accrocher nos bécanes. Dans la nuit nous finissons en roulant jsuqu’à Argelès sur mer. Pas de souci, nous la connaissons par coeur, cette route, nous irions presque les yeux fermés.
Trois jours de paradis cévenol ! Que de souvenirs et d’émotions ! Il ne faut vraiment pas aller très loin pour vivre de bons moments… en train.
Un grand merci à Aliénor, Margaux et Ludo pour nous avoir offert ce beau cadeau !
Pour tout savoir sur le Train à vapeur des Cévennes et réserver votre billet : https://www.trainavapeur.com/
Saint Guilhem le désert. Crédits Photo : Ariane Walck
Gare d’Anduze. Crédits Photo : Ariane Walck
La loco prête pour le départ. Crédits Photo : Ariane Walck
Les armoiries. Crédits Photo : Ariane Walck
Voiture restaurant. Crédits Photo : Ariane Walck
Une bonne lecture avant de se régaler . Crédits Photo : Ariane Walck
Le Gardon. Crédits Photo : Ariane Walck
Sur la ligne . Crédits Photo : Ariane Walck
La HENSCHEL prête pour le retour. Crédits Photo : Ariane Walck
Saint Jean du Gard . Crédits Photo : Ariane Walck
L’intérieur du train . Crédits Photo : Ariane Walck
Le retour sur Anduze. Crédits Photo : Ariane Walck

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