Article rédigé par Ariane Walck
16 octobre 2025, je monte dans le TER à destination d’Avignon centre. Journée morne et grise, inhabituelle pour le lieu si souvent baigné de soleil. Temps de circonstances comme le climat de l’Assemblée Nationale ce jour là .
Y aura t-il une éclaircie dans le ciel pour un avenir plus serein ?
Enfin, bien installée dans mon espace LIO il me semble alors que tout est plus léger, plus détaché de la vie comme si rien ne pouvait entamer ma bonne humeur et mon optimisme sans concessions pour les idées négatives. La voiture est quasiment vide , exceptée une voyageuse qui à peine assise, ressent le besoin incompressible de téléphoner à sa copine pour raconter ses folles aventures . Mais bon, je me concentre sur mes pensées et le ciel qui se troue à l’instant laisse entrevoir une journée lumineuse . D’ailleurs il fait déjà bien clair sur les collines audoises des Corbières qui se rapprochent.Le soleil inonde l’étang de Salses, les tourbières qui le longent, dévoilent une magnifique variété d’oiseaux.
A Port La Nouvelle, le ciel et la mer se rejoignent dans un bleu éclatant; je trouve l’atmosphère vaporeuse et le train devient primesautier et semble ravi de caracoler à la lisière de l’eau. C’est aujourd’hui une ode à la nature; par la fenêtre , faune et flore sont majestueuses, Le train les salue, les respecte et admire les richesses d’une biodiversité encore présente. Des troupeaux de petites vaches noires vives et intrépides se languissent, pour une fois entre mer et étangs. Des chevaux à la robe tachetée font bande à part, des flamands roses ont élu domicile sur un petit promontoire au milieu de l’eau et semblent en plein débat. J’ai du mal à croire que ce que j’observe est particulier ce jour là, tant je suis habituée à faire ce trajet. C’est sans doute que mon esprit est plus disposé à vagabonder aujourd’hui.
Se rapprochent alors très vite les clochers pointés vers le ciel de la cathédrale de Narbonne, il est midi et certains voyageurs ne dérogent pas à la règle du pique-nique ferroviaire, un casse croûte odorant à base de thon et de sauce salade pas fameuse. Le tout, parfois avalé de façon peu discrète. Moi qui ose à peine ouvrir mon petit paquet de granola, j’ai du mal à m’y faire ! C’était la minute grognon, mais promis c’est fini !
Le train file entre les vignobles de l’Héraut et c’est à ce moment qu’une dame très coquette s’assoit en face de moi et engage une conversation plaisante et instructive. Le train en a profité pour s’éloigner de la mer et semble mettre un coup d’accélérateur pour atteindre Avignon. Un quai désert, baigné d’une lumière chaude d’automne, me rappelle un classique de la filmographie américaine des années 60; enfin le TER arrive, vieux , lent d’une longueur infinie. Quasi vide lui aussi , je suis assurée d’une tranquillité jusqu’à Marseille.
Ça y est, revoilà la méditerranée, bleue, profonde, paisible. J’ai récupéré un TGV qui m’emmène à Cannes, terminus de mon périple. Quelle est belle cette fin de voyage, la lumière moins forte adoucit l’atmosphère et invite à la somnolence. Il me semble que te train voudrait faire de même, les passagers eux , sans doute fatigués par un long voyage, profitent de cet environnement feutré pour s’assoupir.
La côte d’azur est toute proche, je suis bien, je rentre chez moi, le train aussi.
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