Le Canari en attente du départ. Crédits Photo : Ariane Walck

Article rédigé par Ariane
Il serait vain de rajouter un énième récit dithyrambique sur le ravissement de ce périple à travers les Pyrénées  catalanes. Je laisse les hordes de touristes s’exclamer de surprise et d’émerveillement à chaque virage vertigineux, ou à chaque sortie de tunnel à l’instar d’une attraction de foire. Je les connais ces paysages, ces villages attachants, ces sommets attirants. Mais les appréhender par le train, et le train jaune de surcroît, sur cette ligne de Cerdagne, permet de mesurer l’intérêt de cette voie ferroviaire. Elle va attiser la curiosité des historiens,des géographes,des amoureux de la technique, des ingénieurs, des bâtisseurs, et de bien d’autres encore.

Les premiers kilomètres Crédits Photo : Ariane Walck

Alors en ce samedi de septembre, doux et ensoleillé, j’arrive à la gare de Villefranche de Conflent avec mon vélo pour monter dans le train jaune.Le personnel est avenant et prêt à rendre service. La voiture découverte me semble idéale pour une vision optimale. Le départ se fait attendre et j’en profite pour m’attarder sur la petite ville de Villefranche de Conflent. Capitale du Conflent, territoire naturel des Pyrénées orientales, autrefois comarque de Catalogne , cette splendide cité est à elle seule un condensé d’histoire, d’architecture et de nature. Devenue française au 17ème siècle,elle voit s’ériger les fortifications Vauban et  le Fort Libéria pour la protéger de l’Espagne. Son architecture est remarquable, elle possède également deux sites Natura 2000 (le massif de Madres Coronat) à la diversité écologique remarquable. Enfin, je vous laisse le soin de la découvrir à l’aller ou au retour. Le petit train ne semble pas décider à se mettre en route ! Et pour cause ! Un sévère ennui technique dont j’ignore l’ampleur nous oblige à quitter la voiture découverte pour monter dans une voiture traditionnelle. Le voyage se fera donc à l’intérieur. Certains sont un peu contrariés mais se rattraperont sûrement sur le trajet du retour. Le Canari n’en a que faire et le voilà parti, tranquillement mais sûrement. Il faut dire qu’il en a vu de toutes les couleurs ce petit train jaune ! Pendant que les passagers se balancent de droite à gauche, guettant le moindre espace près des fenêtres à l’affût du plus beau cliché, je me concentre sur l’aventure spectaculaire de notre train. Il grimpe, depuis le départ à 427 m d’altitude et oui il grimpe pour atteindre les 1592 m de la gare de Bolquère Eyne et le point de basculement en Cerdagne.
Les viaducs et les tunnels nous rappellent alors l’ingéniosité des constructeurs, 19 tunnels et 2 viaducs monumentaux édifiés de longue haleine et dans des conditions parfois dramatiques à l’instar de l’accident qui a coûté la vie au concepteur du pont Gisclard . Les voyageurs sont enthousiastes, beaucoup s’arrêtent à Mont Louis, centre d’entraînement des commandos. C’est surtout pour apprécier cette forteresse et son magnifique décor de montagne, point de départ de nombreuses jolis stations hivernales à taille humaine. Elles peuvent remercier le train jaune qui a désenclavé le territoire et permis de développer une économie touristique prospère.Un petit clin d’œil aux amateurs de ski de fond, de nombreux sites jalonnent les premiers plateaux de la Cerdagne et sont tous des petits paradis en altitude. La bascule se fait à Font Romeu , on quitte définitivement les paysages de montagne pour des grands plateaux qui dans mon imagination pourraient ressembler à ceux de Mongolie ou autre territoire septentrional. On dirait que le train est débridé, il va plus vite, il caracole pour atteindre tous ces beaux petits bourgs . Au loin, on aperçoit la cité espagnole de Puigcerda, puis très vite le terminus , Latour de Carol, tout le monde descend et s’empresse devant le restaurant de la gare. A croire que 3 heures de train jaune, ça creuse ! Depuis Latour de Carol, on peut rejoindre Toulouse avec un TER qui traverse l’Ariège, sublime aussi.
Quant à moi, j’enfourche mon vélo  pour faire une partie du retour par la route et rejoindre la gare de Mont Louis, l’après-midi est douce et ensoleillée. La nature domine toujours … Le retour s’annonce exceptionnel ! La voiture extérieure est quasi-vide, le soir tombe tranquillement et le diable de Canari s’en donne à cœur joie. Les chevaux sont lâchés et la redescente est excitante. C’est une sacrée machine, amoureusement préservée par les autochtones. Il s’en est fallu de peu pour que la ligne soit fermée, car il en demande de la passion et de l’énergie ! Mais tant d’efforts et de compétences engagés ont fait du Canari, un train presque unique en son genre. Son alimentation électrique provient du grand barrage des Bouillouses construit sur le lac éponyme et électrifie son troisième rail. Avis aux passionnés qui pourront poursuivre leurs investigations dans les nombreuses revues ferroviaires spécialisées.
Voilà les premières bâtisses de Villefanche de Conflent apparaissent. Il est temps de refermer le journal de cette belle journée. Alors si l’envie vous prend, n’hésitez pas !
https://www.pyrenees-cerdagne.com/decouvrir/le-train-jaune/les-horaires

 

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Le paisible village d’Olette. Crédits Photo : Ariane Walck

Le viaduc Séjourné. Crédits Photo : Ariane Walck

Le pont Gisclard Crédits Photo : Ariane Walck

Le plateau en Cerdagne . Crédits Photo : Ariane Walck

La gare de Bourg Madame. Crédits Photo : Ariane Walck

Au loin, la ville de Puigcerda . Crédits Photo : Ariane Walck

Mont Louis . Crédits Photo : Ariane Walck

La gare de Mont Louis et ses environs  Crédits Photos Ariane Walck