Article rédigé par le Ouatee Arthur Escalier

La gare de Cerbère, vue depuis la frontière

Un voyage ordinaire pour des histoires extraordinaires

Un jour de février, un peu maussade, un tantinet frais, nous décidons d’emprunter le TER Occitanie pour suivre les bords rocheux de la côte Vermeille entre Argelès sur mer et Portbou (Première petite station balnéaire espagnole mais pas que…). Ces endroits nous les connaissons vraiment très bien, pour les avoir parcourus en vélo ou à pieds mais l’objectif de cette journée était de se faire rencontrer Méditerranée, Train et Histoire. Du détroit de Gibraltar à l’ouest jusqu’aux rivages du Liban et de la Syrie à l’est, la grande bleue, mer fermée (pour ses détracteurs) a toujours été le théâtre ou le témoin d’évènements qui ont marqué l’histoire des peuples et des pays. Ici, sur ce petit tronçon d’une quarantaine de kilomètres, chacune des gares desservies (Argelès sur mer ; Collioure ; Port-Vendres ; Banyuls sur mer ; Cerbère ; Portbou) vous emmènent à la mer, c’est une évidence, mais vous donne aussi rendez-vous avec des moments émouvants pour peu que l’on soit curieux.

Vue du train entre Argelès sur Mer et Cerbère . Crédits Photo : Ariane Walck

D’Argeles sur mer à Portbou en train (ou presque)

Nous décidons de descendre du train à Cerbère pour une étape surprenante. A la sortie de la gare (en travaux ce jour là) nous découvrons un tunnel long de 500 M, véritable œuvre de streetart chatoyante, et au bout, la mer ! Au centre-ville, nous croisons le monument à la gloire des Transbordeuses d’oranges ou Transbordeuses de Cerbère (les spécialistes du train connaissent sûrement !!), ces femmes qui ont assuré de leurs mains les transports d’oranges et autres agrumes, depuis les trains de marchandises espagnols jusqu’aux trains français. Eh oui ! La faute à la différence d’écartement de rails ! Rassurez-vous, aujourd’hui le transbordement des conteneurs se fait mécaniquement !
On peut reprendre le train pour Portbou mais nous choisissons d’emprunter le chemin pédestre qui nous fera passer en Espagne. Il est magnifique et nous nous élevons rapidement… Que dire ? Nous vous laisserons marcher sur ces lieux empreints de souffrance et d’espoir : la fuite des républicains espagnols face à la dictature (la côte vermeille est jalonnée des souvenirs traumatisants de la Retirada) et dans l’autre sens, des gens, anonymes ou connus à l’instar du philosophe juif allemand Walter Benjamin, traversant le col des Belitres (poste frontière) pour échapper à la persécution nazie.

Street art de la gare à la mer  Crédits Photo : Ariane Walck

Le retour, des étapes au gré des envies

La petite cité de Portbou semble bien calme ; sa gare internationale est à voir et pour les fans du rail, il faudra s’intéresser aux particularités espagnoles mais nous vous laissons le soin d’aller questionner le personnel qualifié.
Tous est possible en cette fin d’après-midi qui a retrouvé des couleurs ensoleillées. A pieds, nous retournons jusqu’à la gare de Banyuls, puis de nouveau le train pour Argelès-sur-Mer. Mais beaucoup d’options, train-vélo-rando existent et on est libre de faire ce que l’on veut. Chaque étape va nous apprendre à mieux comprendre ces endroits parfois austères et rugueux. Une escale à Port-Vendres, (je l’ai surnommé le Valparaiso de la côte Vermeille pour ses petits airs d’Amérique du sud) et on emprunte le sentier du littoral nous menant à l’anse des Paulilles qui abrita jusque dans les années 80, la célèbre usine de dynamite d’Alfred Nobel…
Quelques soient nos choix, on peut remonter dans le train à tout moment, entre mer et histoire.

Loin des transats, des parasols, des bouées et du farniente souvent bien mérité, nous espérons que ce petit récit initiatique donnera l’envie de caboter en train aux bords de la grande bleue au plus grand nombre ! Il est surtout remarquable de voir que chaque fois qu’on monte dans un train, l’aventure n’est pas banale !

La gare de Portbou Crédits Photo : Ariane Walck

Rails entre Portbou et Cerbère Crédits Photo : Ariane WALCK

Une transbordeuse Crédits Photo : Ariane Walck

Pour prendre le TER :

TER OCCITANIE
Des trains à 1 euro sont disponibles chaque jour sur certaines heures uniquement, et quelque soit l’âge du voyageur.
Espace vélo gratuit sans réservation.

Pour suivre le sentier du littoral

Pour ne rien râter

  • Les transbordeuses de Cerbère
  • La gare de Portbou